La lune et ses chimères
La lettre de Pierrot à Colombine ( Louise attaque - Je t’emmène au vent)
Reprenant conscience de la réalité qui l’entourait, Alexandre consulta sa montre. Mieux valait ne pas se faire surprendre dans la bibliothèque. Il s’était écoulé une heure seulement depuis qu’ils y étaient entrés. Les moments passés dans les livres leur semblaient des heures. Dans la réalité, ils ne duraient que quelques instants, le temps qu’ils auraient sans doute pris pour lire les quelques pages relatant ce qu‘ils avaient vécu.
Lucillia renouvela son inspection de la bibliothèque, afin de trouver un nouveau livre et de nouvelles aventures…Une fois trouvé, le phénomène se produisit. Cette fois ils furent projetés dans une petite pièce mansardée, sombre et froide. En regardant par la fenêtre, ils comprirent qu’il faisait nuit. La lune brillait dans le ciel étoilé et éclairait la pièce d’une faible lueur. Ils purent distinguer un lit, il s’agissait d’une chambre. Un jeune homme assis à un bureau regardait pensivement par la lucarne. En approchant Lucillia aperçut une petite larme qui coulait lentement sur son visage pâle. Elle posa doucement sa main sur son épaule. Le jeune homme sursauta et se tourna vers les enfants d’un air surpris.
« Qui êtes vous, demanda-t-il très calmement.
_ Nous sommes en quelque sorte tes anges gardiens. Nous sommes venus pour t’aider, lui répondit Lucillia.»
Alexandre regardait son amie d’un air de reproche appuyé. N’avait-elle pas honte de raconter un tel mensonge? C’était même elle qui avait déclaré haut et fort, qu’il ne fallait pas intervenir dans le déroulement des histoires! Pourtant, le jeune homme sembla se satisfaire de cette réponse. Il avait l’air si triste…Alexandre préféra se taire et écouta avec attention l’étonnante conversation qui se déroula ensuite entre la fillette et ce nouveau personnage.
« Pierrot, dis moi, quels sont tes soucis? lui demanda gentiment Lucillia. Si je le peux, je t’aiderai.
_ Je voudrais tant plaire à Colombine, mais le monde de la nuit dans lequel je vis n’a aucun charme. Que pourrais-je lui apporter?
_ Ton amour tout simplement, lui répondit la fillette. Écris-lui un poème ou une chanson pour lui avouer ton amour. Si Colombine t’aime, elle acceptera ton univers…
_ Mais tout y est noir et obscur, tandis qu’elle est belle et joyeuse. Elle remplit le monde qui l’entoure de lumière et de couleur, par sa simple présence, comme un soleil…
_ Oui mais, telle la lune qui enveloppe ton univers d’une aura argentée, tu scintilles dans la nuit, inspirant le rêve à ceux qui te rencontrent, évoquant les mystères de la nuit. Écoute mon conseil, puisque la timidité t’empêche de lui parler, écris lui…
_ Oui mais quoi ?
_ Écris ce que tu ressens au plus profond de ton cœur. »
Alors Pierrot sortit une feuille de papier à lettre et une plume qu’il trempa dans l’encre noire, avant de la placer délicatement sur le papier blanc. Il la laissa ensuite glisser, traçant habilement de fines lettres, laissant couler le flot de ses sentiments sur la rivière des mots, avouant à Colombine la sincérité de son amour.
DANSE
Quand il eut fini, le jeune homme parut soulagé d’avoir pu livrer son message d’amour sur le papier. Il plia la lettre pour la placer dans une poche de sa chemise, la gardant près de son cœur avant de pouvoir la donner à la belle Colombine.
« Merci murmura -t-il en esquissant un timide sourire.
_ Pierrot, peut être peux- tu nous aider à ton tour. Le voyant prêt à écouter sa requête, Lucillia posa franchement sa question: que sais-tu sur le loup vert?
_ Le loup vert? Il est celui qui détient le secret de la magie. C’est en forêt de Brocéliande que tu peux le trouver, malheureusement je n’en sais pas plus.
_ C’est déjà beaucoup. Merci. »
Elle lui fit un signe d’au revoir, puis la pièce s’éclaira sur les livres de la bibliothèque.
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