L’effet fut immédiat. Ce fut une chute vertigineuse, comme une glissade interminable. Les enfants furent propulsés et sans qu’ils ne puissent comprendre ce qui leur arrivait, ils sentirent le sable brûlant sous leur corps engourdi.

«  Où sommes nous? demanda Lucillia, un peu hébétée.

_ Dans le désert, lui répondit Alexandre qui avait repris ses esprits.

La fillette regarda autour d’elle. Il n’y avait plus que du sable doré à perte de vue, formant des petites dunes qui ondulaient sous l’effet d’un léger vent chaud.

_ Mais comment sommes nous arrivés ici? demanda-t-elle en prenant quelques grains de sable entre ses doigts. Je ne comprends pas…Nous étions dans la bibliothèque et nous voici dans le désert. Comment est-ce possible?

_ Le livre, murmura Alexandre songeur, c’est la seule explication…Puis s’arrêtant net, il s’exclama, regarde là bas! »

Son amie se tourna vers la direction indiquée. Devant ses yeux ébahis se dessinait un village. Ils avancèrent et le virent s’animer au fur et mesure qu’ils s’approchaient. Près de cases de bois et de paille qui servaient visiblement d’habitation, des femmes travaillaient tandis que des enfants les aidaient dans leur tâche. Les plus petits jouaient avec de petits cailloux. Soudain, une fillette aperçut Alexandre et Lucillia et poussa un cri pour alerter les autres de leur venue.

Des enfants vinrent les rejoindre. Quand l’un d’entre eux se détacha du reste du groupe, Alexandre le reconnut immédiatement. Il s’agissait de Kirikou, le personnage du livre qu’il tenait dans ses mains quelques instants plus tôt. Voilà qui confirmait ses doutes, lui et son amie avaient tous deux été projetés dans le livre, comme par magie...

Kirikou leur prit la main et les emmena dans le village. Ils étaient accompagnés des autres enfants qui les dévisageaient et les montraient du doigt en riant et en se moquant de leurs vêtements. Les femmes relevèrent la tête et leur sourirent en leur faisant un signe de la main, puis elles se remirent au travail. Kirikou les invita à entrer dans une case. Ils s’y assirent, s’installant confortablement sur un tapis de paille étalé sur le sol. Le petit garçon leur offrit un bol d’eau . Ces gestes étaient lents et précis, afin de ne pas renverser une seule goutte du précieux breuvage. Pour les villageois, l ’eau représentait un trésor inestimable. Ils burent doucement en savourant chaque gorgée. Ils n’avaient pas réalisé à quel point le souffle brûlant du désert avait desséché leur bouche et combien ils avaient soif .

DANSE

Quand ils eurent fini, Kirikou resté debout jusque là, s’inclina puis se mit à parler.

« Le loup vert apportera les réponses aux questions que vous vous posez. » Telles furent ses paroles avant que tout ne s’évanouisse… Subitement, la luminosité avait diminué et la température s’était fortement rafraîchie. Les enfants se frottèrent les yeux pour découvrir à nouveau des livres…que des livres. Avaient- ils rêvé? Ils savaient que non et le sable que Lucillia avait emporté en souvenir en était la preuve.

 

 


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