Voici la suite, j'ai bossé dessus toute la journée. (Ce texte doit être remanié, alors vos conseils et critiques sont les bienvenues)

Euxane avait trouvé refuge dans la taverne de son ami Elérius. Elle s’était installée près de la cheminée, mais le feu brûlant dans l’âtre n’arrivait pas à la détendre. Elle se savait entourée d’amis et de personnes de confiance, pourtant son instinct lui recommandait de se montrer prudente. La jeune femme ne voulait pas que l’on puisse deviner le trouble et l’agitation, qui l’habitaient en ce moment précis. Elle sentait les battements de son cœur s’affoler. Elle avait à la fois envie de rire et de pleurer. Une idée fixe ne la quittait pas: Uriel était de retour. Uriel, son ami d‘enfance, Uriel en qui elle avait toujours eu confiance.

Tilia était partie le chercher. Il ne lui restait plus qu’à attendre et espérer. Elle tremblait légèrement, sous le choc que lui procurait cette rencontre inattendue. Elle avait pourtant réussi à contrôler ses émotions face au jeune homme. Elle ne s’était pas arrêtée pour lui parler, cela n’aurait pas été prudent. Elle n’aurait fait qu’attirer l’attention sur eux et les espions de Stansey étaient partout en ville. Elle avait préféré s’éclipser sans même lui adresser un regard. L’éclair d’incompréhension qu’elle avait lu sur le visage de son ami lui avait assené un coup au coeur. C’était vraiment douloureux de le retrouver dans ces conditions. Mais elle savait que c‘était la seule attitude à adopter dans de telles circonstances. Tilia saurait se montrer discrète, c’était un don chez elle. La fillette avait l’art de se faire toute petite et de passer inaperçue. Après tout, qui se méfie d’une enfant?

La jeune femme essaya de contrôler le tremblement qui l’étreignait. Pour se donner une contenance, elle prit la tasse de vin chaud qu’Ersa avait déposée sur la table, quelques secondes plus tôt. En la servant, son amie lui avait lancé un regard interrogateur. Elle la connaissait trop bien pour ne pas voir que quelque chose la perturbait. Euxane lui avait répondu d’un sourire, pour la rassurer. Elle n’avait pas envie de lui parler pour l’instant. Elle voulait juste savourer le souffle de l’espoir qu‘elle sentait renaître en elle. Avec Uriel à ses côtés, tout pourrait peut être changer...

Euxane n’avait plus qu’à attendre. Il fallait espérer que la Tilia trouve Uriel avant qu’il ne retourne chez lui, avant qu’il ne pose des questions sur sa famille et avant qu’il ne croise sur sa route d’un des gardes de Stancey. Mais la fillette l’avait-elle trouvé? Avait-il accepté de la suivre? L’inquiétude commençait déjà à œuvrer. Agissant sournoisement, elle rongeait le peu d’espérance qu’Euxane avait réussi à se forger. Les questions se bousculaient dans sa tête, martelant cruellement son esprit de doutes et d’ amertume: l’avait-il réellement reconnu? Pourrait-il l’aider? Et s’il refusait de prendre parti dans la bataille qui l‘opposait, elle et les siens au tout puissant Stancey?

La porte de la taverne s’ouvrit, laissant s’engouffrer une forte bourrasque de vent, porteur d’humidité et peut-être de réponses à ses questions.

***

Uriel avançait hagard dans les rues pavées. Il se sentait totalement perdu. Qu’ arrivait à sa cité? Que lui arrivait-il? Voici, qu’il se laissait guider par une fillette, une parfaite inconnue qui n‘avait pas plus de dix ans, par en juger sa silhouette frêle et ses traits enfantins. N’avait-il pas mieux à faire? N’était-il pas plus urgent de rejoindre les siens et de comprendre quelle maladie touchait l’arbre sacré? Elle l’avait accosté sur la place, devant l’arbre dénudé, en tirant sur la manche de son manteau. Elle lui avait fait signe de la suivre et Uriel l’avait regardée d’un air incrédule, prêt à lui demander d’arrêter de l’importuner et de filer. Mais la gamine insistait, le fixant de ses beaux yeux clairs. Puis, sans qu’il n’ait eu le temps de s’en apercevoir et d’interrompre son geste, elle avait dérobé le foulard mauve enfoui dans sa poche. Avec un sourire moqueur, elle l’avait agité devant lui, puis s’était enfuie. Uriel l’avait suivie, ne comprenant pas bien si la gamine était une simple voleuse ou si elle avait une idée en tête. La seconde hypothèse semblait la bonne, car de temps en temps elle tournait son visage angélique vers lui et lui adressait un sourire d’encouragement. Une pensée hantait à présent le jeune homme, telle une petite plume d’espoir malmenée par la tempête qui faisait rage dans son esprit :et si elle le menait à Euxane… C’était une pensée tenace et réconfortante, de celles auxquelles on n’ose croire, mais qui deviennent vite obsédantes. Et pourtant, n’était-ce pas ce qu’elle avait voulu lui signifier, quand elle lui avait mis le foulard sous le nez, comme une carotte qu’on tend à un âne pour le faire avancer. Cette idée dérangea le jeune homme et éveilla ses soupçons: en effet, comment expliquer dans ce cas, le comportement d’Euxane quelques instants plus tôt? Elle ne lui avait même pas adressé la parole. Pouvait-il s‘agir d‘un piège? Était-elle en danger? Cela pourrait expliquer sa discrétion… Tout était si étrange et la situation lui semblait si confuse. S’il percevait quelques bribes de vérité, il n’arrivait pas à comprendre les tenants et aboutissements de cette affaire. Cependant son instinct, tout comme sa logique le prévenaient d’un réel danger. Pour lui et peut-être aussi pour Euxane…Il eut une pensée pour sa mère et son frère, souhaitant les revoir au plus tôt, pour s’assurer que tout allait bien.

La fillette s’arrêta devant une auberge, visiblement lieu du rendez-vous improvisé, qu‘on lui avait fixé.
Uriel ne pouvait pas reculer. Aussi, avant d’ouvrir la porte, il chercha à tâtons le couteau qu’il avait glissé par habitude, dans la poche intérieure de son manteau. Bien qu’il ne s’en était jamais servi, son contact le rassura et l’aida à retrouver un peu de sang froid. Sous la pluie qui continuait à lui piquer le visage par son battement incessant, il se composa un visage de circonstance, affichant un masque d’amabilité et de fermeté. Il dissimula au plus profond de son esprit, son inquiétude et son angoisse. Si c’était un piège, ces sentiments ne lui seraient d’aucune utilité. Sa vie d’explorateur lui avait appris à s’endurcir face aux situations délicates et à réagir avec sang froid: la négociation en premier lieu et l’arme si cela s’avérait nécessaire…

 

 


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